Installation d’un poêle à bois : quelles sont les normes ?

Publié le Mercredi 20 Mars 2024 - Les actualités du Poêles

L’installation d’un poêle à bois est encadrée par des normes et réglementations, afin de garantir un fonctionnement optimal et surtout sécuritaire.

panier de bûches devant un poêle

Les normes NF DTU 24.1 et NF DTU 24.2 régissent l’installation d’un poêle à bois ou d’un insert. Elles fixent les règles de conception et de mise en place des conduits de raccordement, ainsi que des conduits d’évacuation des fumées. Quels sont les principaux points de ces normes d’installation d’un poêle à bois ?

Guide complet pour l'installation d'un poêle à bois

L'installation d'un poêle à bois représente un projet majeur pour tout foyer qui souhaite profiter d'un chauffage performant et économique. Cette démarche exige une préparation rigoureuse et le respect de normes strictes pour garantir sécurité et efficacité. 

Norme de pose d’un poêle à bois : les vérifications en amont

Avant d’installer un poêle à bois, il est nécessaire de procéder à quelques vérifications en amont, notamment sur la pertinence de l’emplacement. Le sol doit être capable de supporter le poids de l’appareil et de ses équipements, tout en étant non inflammable. Au besoin, une plaque en fonte (ou autre matériau incombustible) peut être fixée sous le poêle, à condition qu’elle déborde de 21 cm au moins tout autour, et de 30 cm à l’avant. Par ailleurs, aucun meuble ou autre élément ne doit être à moins d’un mètre de l’équipement. Quant à la distance de sécurité à respecter entre le poêle et le mur, elle doit être de 37,5 cm minimum et de 3 diamètres au moins du tuyau de raccordement.

Comment déterminer l'emplacement idéal

La position du poêle conditionne directement son efficacité. Privilégier une zone centrale de la maison, en particulier une pièce de vie, permet une diffusion optimale de la chaleur. Un poêle installé dans un recoin isolé ne chauffera pas l'ensemble du logement.

La ventilation mérite une attention particulière. L'appareil consomme de l'air pour la combustion. Sans air extérieur, le poêle puise l'air intérieur, ce qui perturbe le renouvellement d'air et peut provoquer des refoulements de fumée. Une arrivée d'air correctement dimensionnée, placée à proximité immédiate du poêle, préserve la qualité de combustion comme la sécurité des occupants.

Matériaux recommandés pour protéger le sol et les murs

La protection des surfaces combustibles constitue une exigence réglementaire. Le sol requiert une plaque protectrice en matériau incombustible. La fonte reste la solution la plus répandue, mais d'autres matériaux comme la pierre naturelle, la céramique ou le verre résistent aux hautes températures.

Les murs situés à proximité du poêle nécessitent un traitement spécifique. Un isolant thermique mince, recouvert d'une plaque de protection, maintient la sécurité sans compromettre l'esthétique. Les distances de sécurité varient selon les matériaux : 8 cm minimum avec les matériaux combustibles.

Normes DTU 24.1 et DTU 24.2

Les normes NF DTU 24.1 et NF DTU 24.2 régissent l'installation des poêles à bois et des inserts. Ces textes fixent les règles de conception et de mise en place des conduits de raccordement et d'évacuation des fumées.

La norme DTU 24.1 s'applique aux installations intérieures. Elle définit les distances de sécurité, les matériaux autorisés et les conditions de pose. La norme DTU 24.2 traite spécifiquement des conduits de fumée, de leur dimensionnement et de leur raccordement.

Conformité et tubage du conduit de cheminée

Le tubage représente une étape technique déterminante. Il faut distinguer le conduit d'évacuation des fumées du conduit de raccordement. Ce dernier ne traverse ni mur ni plafond. Le tubage concerne exclusivement le conduit de cheminée. Il doit respecter des règles précises :

  • Un dépassement de faîtage de 40 cm minimum.
  • Des distances de sécurité de 8 cm avec tout matériau combustible.
  • Un conduit isolé pour traverser plafonds et combles.
  • Un habillage en matériaux incombustibles.
  • Des angles de dévoiement de 45° minimum, avec maximum deux dévoiements.
  • Une uniformité du conduit sur toute sa hauteur pour optimiser l'étanchéité.
  • La possibilité de ramonage pour le conduit de fumée et le conduit de raccordement.
  • Une isolation obligatoire pour les conduits extérieurs.

Le conduit doit rester droit et vertical dans la mesure du possible, avec une distance minimale de 4 mètres entre la sortie du poêle et la sortie de la souche. Une hauteur importante nécessite l'installation d'un modérateur de tirage.

Les propriétés techniques du tubage

Deux types de tubage sont possibles pour un poêle à bois : soit des conduits maçonnés – fabriqués en béton ou en terre-cuite – soit des conduits métalliques, souvent fabriqués en inox. Ces derniers sont toujours isolés et généralement privilégiés. Quel que soit le type de conduit choisi, il doit répondre à différentes normes réglementaires en termes de propriétés techniques, notamment :

  • avoir une résistance aux très fortes chaleurs, notamment aux températures supérieures à celles des fumées lorsqu’elles sortent de l’appareil, généralement aux alentours de 450°C (d’où l’annotation « conduit T450 » sur le tubage) ;
  • être conditionné pour résister aux feux de cheminée (classement G) ;
  • faire partie de la catégorie classe 2 ou classe 3, résistants à la corrosion, pour les conduits maçonnés, ou Vm ou V2 pour les conduits métalliques ;
  • avoir une capacité de résistance à l’humidité, concernant les poêles à granulés.

Types de poêles à bois et leurs avantages

Le marché propose aujourd'hui des solutions adaptées à chaque budget. Les technologies modernes offrent des rendements énergétiques nettement supérieurs aux anciens modèles.

Différences entre un poêle à bûches et un poêle à granulés

Le poêle à bûches fonctionne avec des bûches de bois chargées manuellement. Il demande une intervention régulière pour maintenir la combustion. Le chargement du foyer, l'allumage et la gestion de la flamme nécessitent votre présence.

Le poêle à granulés utilise des pellets, ces petits cylindres de sciure de bois compressée. Une vis sans fin alimente automatiquement le foyer, permettant une combustion continue sans supervision constante.

Le rendement énergétique diffère significativement. Les poêles à bûches affichent 70 à 85 % de rendement, tandis que les poêles à granulés dépassent 90 % sur les modèles haut de gamme. Cette performance supérieure s'explique par la qualité homogène des granulés et une combustion optimisée.

Fonctionnement d'un poêle à double combustion

La double combustion représente une avancée technologique majeure. Ce système brûle les gaz de pyrolyse non consumés lors de la première combustion. L'air supplémentaire, préchauffé, est injecté dans la partie supérieure du foyer à une température supérieure à 800°C.

Ce processus assure une combustion plus complète des particules. Les émissions de particules fines diminuent de 60 à 75 % par rapport aux poêles traditionnels. Les émissions de monoxyde de carbone (CO) chutent d'environ 70 %. Le rendement énergétique atteint 80 à 85 %, contre 60 à 70 % pour une combustion simple.

Pour chauffer une maison de 120 m², un poêle traditionnel consomme six stères de bois. Un poêle à double combustion se contente de quatre stères. Les économies sur la facture de combustible se révèlent rapidement4.

Avantages écologiques d'un poêle à bois

Le bois constitue une énergie renouvelable neutre en carbone. La combustion émet du CO₂, mais les arbres absorbent cette même quantité durant leur croissance. Les poêles modernes, particulièrement ceux à double combustion, optimisent cette ressource.

Les granulés proviennent souvent de déchets de l'industrie du bois. Choisir des pellets certifiés NF ou DINplus garantit une origine responsable. Le bois doit présenter une humidité inférieure à 20 % pour une combustion optimale.

Avec un poêle performant, les émissions de gaz à effet de serre diminuent de 30 à 40%4. La préservation des forêts s'en trouve améliorée par une consommation réduite. La qualité de l'air, tant intérieure qu'extérieure, s'améliore notablement, limitant les risques pour la santé respiratoire.

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Coût et aides financières pour l'installation

L'investissement pour un poêle à bois est un investissement conséquent. Les coûts d'achat varient. Un poêle à bûches coûte entre 1 500 et 3 000 €. Un poêle à granulés s'échelonne de 2 000 à 7 500 €. L'investissement plus élevé se compense par des économies de combustible et un confort d'utilisation accru.

Plusieurs aides financières permettent d’alléger la dépense :

  • MaPrimeRénov' : l'État propose une aide pour l'installation d'un poêle à bois ou à granulés, dont le montant varie selon votre situation financière.
  • Prime CEE (certificats d'économie d'énergie) : les fournisseurs d'énergie proposent une aide complémentaire pour financer votre poêle. Cette prime est cumulable avec MaPrimeRénov'.
  • TVA réduite à 5,5 % : l'installation d'un poêle à bois bénéficie d'une TVA réduite de 5,5 %, applicable pour les logements de plus de deux ans, contre 20 % en TVA normale.
  • Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : ce prêt sans intérêt permet de financer les travaux d'amélioration énergétique. 

Les aides locales et régionales, attribuées par les collectivités territoriales, complètent ces dispositifs nationaux. Leur montant varie selon les zones géographiques. 

Entretien d'un poêle à bois pour garantir sa longévité

Un entretien régulier assure la sécurité, le rendement et la durée de vie de votre équipement. Un poêle négligé voit son rendement chuter et ses risques d'incendie augmenter.

Le ramonage du conduit de fumée s'effectue au moins deux fois par an pour les poêles à bois et une fois pour les poêles à granulés. Un conduit encrassé réduit le tirage et favorise les feux de cheminée. Le nettoyage du foyer, de la vitre et des joints d'étanchéité se fait chaque semaine pendant la saison de chauffe.

Le poêle à granulés demande un entretien spécifique. La vis sans fin et le pot d'allumage nécessitent un débouchage mensuel. Le bac à cendres se vide une fois par semaine. Le stockage des granulés doit rester au sec pour éviter l'humidité, qui altère la combustion.

Les joints de porte se contrôlent chaque année. Des joints usés laissent passer l'air et diminuent le rendement. Leur remplacement est simple et peu coûteux.

Conseils pour optimiser le rendement énergétique

Pour tirer le meilleur parti de votre poêle à bois ou à granulés, quelques réglages et bonnes pratiques permettent de faire la différence : 

  • Utiliser du bois sec double pratiquement le rendement par rapport au bois vert.
  • Régler la primary air (air primaire) selon la puissance souhaitée. Une combustion trop vive gaspille du combustible.  À l’inverse, une combustion trop lente engendre des dépôts de suie.
  • Installer un modérateur de tirage en cas de conduit trop puissant. Cet accessoire évite les surchauffes et stabilise la combustion.
  • Programmer les poêles à granulés en fonction des heures de présence. Une baisse de température la nuit ou en votre absence réduit la consommation.

Bon à savoir :  Les trois erreurs à éviter 

Une puissance mal choisie, des distances de sécurité non respectées ou un conduit mal conçu réduisent le rendement et augmentent fortement le risque d’incendie ou de refoulement de fumées. Un installateur certifié RGE limite ces risques et garantit une pose conforme.

Que se passe-t-il en cas de non-respect des normes ?

Le respect des normes d’installation de votre poêle à bois garantit avant tout le fonctionnement optimal de votre appareil, ainsi que sa sécurité. De plus, si ces règles ne sont pas respectées, votre assureur peut refuser de prendre en charge vos frais en cas de sinistre, car votre responsabilité est dans ce cas engagée. 

Il est vivement conseillé de faire appel à un professionnel qualifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) pour les travaux d’installation. Ce dernier vous assure une pose qui respecte toutes les normes en vigueur, mais également un système adapté à vos besoins et à votre habitation.

Pourquoi faire appel à un professionnel certifié ?

L'installation d'un poêle à bois relève d'un travail technique exigeant. Un professionnel certifié RGE garantit la conformité aux normes DTU et la sécurité de l'installation. Cette certification est obligatoire pour bénéficier des aides financières.

L'installateur qualifié dimensionne correctement le conduit de fumée, respecte les distances de sécurité et assure l'étanchéité du raccordement. Il évalue la capacité du sol à supporter le poids et vérifie l'état du conduit existant. Un installateur professionnel fournit un certificat de conformité. Ce document est indispensable pour l'assurance et la revente du bien. 

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